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Afrique: L'OMD pour l'eau difficile à atteindre pour 2015

lundi 17 février 2014 à 10:52
Point d'eau du village de Mwamanongu, en Tanzanie. CC-BY-2.0

Point d'eau du village de Mwamanongu, en Tanzanie. CC-BY-2.0

A. P. Virgil HOUESSOU du réseau des journalistes africains pour l'eau et l'assainissement a écrit sur washjournalists.wordpress.com: 

A quelques mois de l’échéance de la réalisation des OMD [Objectifs du millénaire pour le développement], l’AAE [Association africaine de l’eau] se mobilise donc. Beaucoup de défis restent à relever dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. De nombreux pays africains trainent encore le pas et ne sont pas sûrs de les atteindre. 

Le Kazakhstan ira-t-il mieux en changeant de nom ?

dimanche 16 février 2014 à 20:56

La vie politique et sociale s'est révélée particulièrement animée pour le Kazakhstan ces quelques derniers mois : pour commencer, le président a proposé de renommer le pays Kazak eli [Қазақ елі, soit en kazakh, Pays Kazakh], ensuite, en une nuit pratiquement toute la population a perdu 20% de ses économies suite à la dévaluation du tengue, la monnaie nationale. Traiter de ces événements dans le cadre d'un seul article est impossible, on commencera donc dans l'ordre chronologique.
Il convient de noter que des propositions timides de changer le nom de la République du Kazakhstan étaient déjà apparues il y a huit ans : Rakhat Aliev avait alors proposé de rebaptiser l'Etat Sultanat Kazakh :

Парадокс заложен уже в самом нашем названии, вы не замечали? Республика Казахстан.

С одной стороны – гарибальдийская республика. С другой – традиционный азиатский “стан”. Что-то вроде коня и трепетной лани, которых в одну телегу впрячь вроде бы и нельзя, но получается, что они как раз и оказались под одной упряжкой.

С одной стороны – государственная модель, предполагающая корпоративное партнерство граждан, с другой – модель, ориентированная на авторитет и ответственность правителя.

Le paradoxe se trouve déjà dans notre dénomination même, vous n'avez pas remarqué ? République du Kazakhstan. 
D'un côté, une république garibaldienne. De l'autre, un “stan” asiatique traditionnel. Quelque chose comme des chevaux et des biches frémissantes qu'on ne pourrait semble-t-il pas atteler à la même télègue, mais le résultat est qu'ils se sont trouvés justement sous le même harnais.
D'un côté, un modèle étatique qui suppose un partenariat corporatif des citoyens, de l'autre, un modèle de gouvernement orienté vers l'autorité et la responsabilité. 

La proposition de changement de nom est émanée directement du président Noursoultan Nazarbaev lors d'une visite à l’Ecole Intellectuelle [russe] d’Atyraou :

В названии нашей страны есть окончание “стан”, как и у других государств Центральной Азии. В то же время иностранцы проявляют интерес к Монголии, население которой составляет всего два миллиона человек, при этом в ее названии отсутствует окончание “стан”. Возможно, надо рассмотреть со временем вопрос перехода на название нашей страны “Қазақ елі”, но прежде следует обязательно обсудить это с народом 

Dans le nom de notre pays il y a le suffixe “stan”, comme dans les autres Etats de l'Asie Centrale. Au moment où les étrangers s'intéressent à la Mongolie, dont la population compte en tout deux millions de personnes, ce faisant le suffixe “stan” est absent de son nom. Il faut peut-être examiner avec le temps le changement du nom de notre pays en “Kazakh eli”, mais il convient au préalable d'en débattre obligatoirement avec le peuple

Les motifs et la nécessité du changement de nom ne sont pas très clairs. Peut-être les propos du chef de l'Etat ont-ils été détachés du contexte et il avait autre chose en vue, cependant c'est précisément cette déclaration qui est devenue le leitmotiv de nombreuses discussions sur l'internet.

Quelques auteurs, Dana_Mukhamedzhan par exemple, repèrent les avantages et les inconvénients d'une telle décision :

Плюс – у “Қазақ елі” какое-то особенное патриотическое звучание! …Второй минус. Сложное, состоящее из двух слов, название. Я уже представила эти заморочки за рубежом. Стою на ресепшене заморского отеля и разъясняю: “Ka-zakh E-li, no, no, space between “Kazakh” and “Eli”. Хотя, есть Босния и Герцеговина

Avantage : dans “Kazakh eli” il y a une sonorité patriotique spéciale !… Ensuite, l'inconvénient. La difficulté qui vient d'un nom en deux mots. J'imagine déjà les prises de tête à l'étranger. Je suis à la réception d'un hôtel étranger et j'épèle : “Ka-zakh E-li, non, non, espace entre “Kazakh” et “Eli”. Pourtant, il y a la Bosnie et Herzégovine

Parmi les commentaires sur cette «élucubration» l'utilisateur Chikin voit «des problèmes profondément à la racine» :

Суть страны – политическая, экономическая, идеологическая обстановка в стране – от переименования не изменятся. Нужны серьёзные политические и экономические реформы.

Ребрендинг прежде всего подразумевает изменение сути, которого в данном случае не будет.

Такое переименования обойдётся слишком дорого казне и его народу. Нужно будет менять всё – от почтовых марок и паспортов до учредительных документов юридических лиц. Да и предлагаемое название – не фонтан, гораздо лучше “Казак Республикасы” – “Казахская Республика”.

На мой взгляд это очередное отвлечение внимания от насущных проблем – экономика, коррупция и т.д. – информационный вброс.

Les bases du pays – la situation politique, économique, idéologique dans le pays – ne se modifiera pas avec le changement de nom. De sérieuses réformes politiques et économiques sont nécessaires.
Un rebranding implique tout d'abord un changement de bases, qui n'existe pas dans le cas présent.
Un tel changement de nom reviendra trop cher au fisc et à ses administrés. Il faudra tout changer, depuis les timbres-poste et les passeports jusqu'aux documents statutaires à caractère juridique. De plus le nom proposé n'est pas bien, “Sécurité Nationale du Kazakhstan” – République Kazakhe” c'est beaucoup mieux.
A mes yeux c'est une simple manoeuvre de diversion des problèmes essentiels : l'économie, la corruption, et autres – de la fausse information.

Mais predictorkz applaudit à ce changement de nom :

Совершенно неожиданно, мне понравилась поддержка ЛН переименования страны с “Қазақстан Республикасы” на “Қазақ Елі”. Просто задумался. Действительно, к названию Республика Казахстан какое то отстраненное отношение. Даже название Казахская ССР было как то ближе.

Возможно, дело в чужом римском слове Республика. Быть может использование слова республика (общественный, всенародный) вступает в конфликт с реальностью и вызывает какую то степень неосознанного отторжения? А вот приставка “СТАН” меня вообще никак не задевает. И мне как то п*фиг, что иностранцы ассоциируют нашу страну с АфганиСТАНом. Сегодня им одно в голову взбредет, завтра другое – мы че вечно должны под них подстраивать название своего государства?

Сложность, как я понимаю, вызывает перевод “Қазақ Елі” на русский язык. Можно рассмотреть следующие варианты: “Казахия”, “Казахстан”, “Государство Казахия”, “Казахское Государство”. Думаю не обязательно делать дословный перевод.

De façon tout à fait inattendue, le renfort de L.N. au changement de nom du pays de “Sécurité Nationale du Kazakhstan” en “Kazakh Eli” m'a plu. J'ai simplement réfléchi. Effectivement, dans le nom République du Kazakhstan il y a un peu d'une relation récusée. Déjà le nom de République Socialiste Soviétique Kazakhe était dans une certaine mesure plus proche.
Il se peut que la question soit le mot étranger, romain de République. L'utilisation du mot république (publique, de tout le peuple) entre peut-être en conflit avec la réalité et génère un certain niveau de phénomène de rejet inconscient ? De fait le préfixe [sic] ”STAN” ne me heurte absolument pas. Et je me fous que les étrangers associent notre pays à l'AfghaniSTAN. Aujourd'hui ils ont une chose en tête, demain ça sera une autre, et on devra éternellement remanier à leur guise le nom de notre pays ?
La difficulté, à ce que je comprends, c'est la traduction de “Kazak Eli” en russe. On peut considérer les variantes suivantes : “Kazakhie”, “Kazakhstan”, Etat de Kazakhie”, “Etat Kazakh”. Je pense qu'il ne faut pas obligatoirement une traduction littérale.

Nous n'aborderons pas ici la dévaluation, mais ces événements se sont produits dans un intervalle de temps si réduit que quelques blogueurs, tel Sincerum, y trouvent une corrélation :

Пока казахстанцы бурлили, переваривая вброс о возможном переименовании Казахстана в Казак Елi, собирали подписи на Аваазе за и против [...] в стране произошло куда более важное событие – обвал национальной валюты. Как я и предрекал в своих комментах, этой шумихой президент отвлёк народ от [...] девальвации.

Pendant que les habitants du Kazakhstan étaient en ébullition, à digérer la nouvelle d'un changement du Kazakhstan en Kazakh Eli, qu'on rassemblait contre cela des signatures sur Avaaz […] des faits bien plus importants survenaient dans le pays : l'effondrement de la monnaie nationale. Comme je le pronostiquais dans mes commentaires, ce président tapageur distrait le peuple de […] la dévaluation.

L'auteur Miomoto appelle tous à rester objectifs et vigilants même dans les discussions entre eux :

Всех граждан Казахстана я лишь прошу идти правильным демократическим путем, при этом не поддаваясь никаким влияниям и подстрекательству, сохранять толерантность и не давать повода тому, чтобы происходили события, которые смогут привести к жертвами, насилию и хаосу.

J'appelle personnellement tous les citoyens du Kazakhstan à emprunter la juste voie de la démocratie, et en cela à ne céder à aucune influence ni incitation, de maintenir la tolérance et de ne pas donner de prétexte à ce que se produisent des événements qui pourraient amener des victimes, des violences et le chaos.

Un commentaire différent a été marqué par Yurek_ dans sa note :

Предлагаю просто переименовать Монголию в Монголстан и успокоиться. Дешевле обойдется.

Je propose simplement de renommer la Mongolie en Mongolstan et de se calmer. Ça coûtera moins cher.

Le groupe page Facebook “Казахская Орда” [La Horde kazakhe] a publié un brève note :

Проблема со словом «-стан» даже не в том, что в мире оно ассоциируется с террористами и африканскими резервациями, а в том, что оно по сути иностранное

Le problème du mot “stan” n'est pas que dans le monde il soit associé aux terroristes et aux réserves africaines, mais qu'il est en fait étranger.

Des documents nombreux et intéressants sur les avis d'hommes politiques, de juristes et de personnalités connues du Kazakhstan ont été compilés par le portail Radiototchka.kz :

Реакция депутатов мажилиса не заставила себя ждать, однако мнения разделились. Так, депутат мажилиса Жуматай Алиев рассказал о якобы проведенных на предмет переименования республики социологических опросах в регионах. “Народ этого хочет, и мы должны идти к этому, иначе нельзя. Это желание народа. Неоднократно граждане Казахстана обращались к главе государства “со всех сторон” с просьбой о переименовании страны. Этот вопрос, скорее всего, подготовлен населением независимого Казахстана”, – цитирует Жуматая Алиева Интерфакс. В то же время, сообщает Интерфакс, депутат мажилиса Маулен Ашимбаев считает, что “пока необходимости в проведении референдума по поводу переименования Казахстана в Қазақ елi нет”. Депутат мажилиса Казахстана Гульжан Карагусова в интервью корреспонденту “Радиоточки” подчеркнула, что “вопрос переименования должен обязательно обсуждаться в обществе”.

La réaction des députés du Majilis ne s'est pas fait attendre, néanmoins les avis sont partagés. Ainsi, le député au Majilis Joumataï Aliev a parlé des soi-disant inscrits des enquêtes sociologiques dans les régions au sujet du changement de nom de la république. “Le peuple veut cela, et nous devons suivre, impossible de faire autrement. C'est le souhait du peuple. A maintes reprises les citoyens du Kazakhstan se sont adressés au chef de l'Etat “de tous côtés” avec la requête du changement de nom du pays. Cette question, probablement, est préparée par la population du Kazahstan indépendant”, écrit Interfax citant Joumata Aliev. A ce moment, informe Interfax, le député au Majilis Maoulen Achimbaev estime que “pour l'instant il n'y a pas de nécessité de tenir un référendum au sujet du changement de nom du Kazakhstan en Kazak Eli”. Le député au Majilis du Kazakhstan Gouljan Karagoussov a souligné dans un entretien avec le correspondant de Radiototchki que “la question du changement de nom doit obligatoirement être débattue dans la société.”

Les enthousiastes, qui ne sont pas restés indifférents à pareils changements, ont créé un site, sur lequel chaque utilisateur peut voter «pour» ou «contre» le changement de nom. Il compte environ 30.000 visiteurs quotidiens, et le vote lui-même prendrа fin au bout de deux mois. Différents spécialistes ont également pris position sur le changement de nom du Kazakhstan.

Au total, il faut noter que la question de la possibilité de changer de nom reste ouverte, et les institutions de l'Etat avec le président, exprimant une telle proposition, n'entreprennent pour le moment aucune action.

Pour le débat sur Twitter, on peut suivre les mots-dièse : #kazakeli et #qazaqeli.

Venezuela : la contestation étudiante se poursuit dans les états de l'ouest

dimanche 16 février 2014 à 18:11

Les manifestants déploient le drapeau du #Venezuela à #SanCristóbal #Táchira #12F #12FVenezuelaPaLaCalle 10:20 am. pic.twitter.com/gLBLaMekPW

Depuis début février, les étudiants manifestent dans plusieurs villes du Vénézuela, principalement dans les États de Tachira et Mérida, à l'ouest du pays. Des jeunes de différentes universités y ont organisé des rassemblements exigeant du gouvernement plus de sécurité sur les campus, où les attaques à main armée, enlèvements et viols se sont multipliés.

Suite à l‘arrestation de plusieurs jeunes au cours de ces manifestations, notamment à San Cristobal, capitale de l'État de Tachira, la contestation s'est étendue, exigeant leur libération.

La répression policière et les intimidations de groupes armés, ouvertement pro-gouvernementaux, ont entraîné de violents affrontements dans les rues, avec des conséquences déplorables pour les habitants de San Cristobal et Mérida, capitale de l'État de Mérida.

Les responsables nationaux de l'opposition ont appelé à manifester dans tout le pays le mercredi 12 février, en soutien aux étudiants et pour réclamer des solutions aux problèmes de la nation, journée qui a abouti à une vague de violence.

Les manifestations continuent. À suivre sur Twitter : #Tachira#Merida#UNET#ULA.

 

“Un autre visage de l'Afrique” : envoyez vos photos, articles, histoires

dimanche 16 février 2014 à 17:50

Addis Ababa, Ethiopia

Un groupe de jeunes bénévoles du sud de l'Allemagne, dont beaucoup ont vécu en Afriquelancent un appel pour des photos, essais, vidéos, articles de blog ou poèmes d'habitants de cinq importantes villes africaines : Lagos, Addis Abeba, Gaborone, Kigali et Kinshasa.

Avec une exposition à venir intitulée “Sichtwechsel” leur but est de montrer un visage de l'Afrique autre que celui qui apparaît habituellement dans les médias allemands : celui des sociétés modernes, urbaines, qui se développent rapidement.

Visitez leur site web Missing-Images.com en anglais, français et allemand. La date limite pour les soumissions est le 31 mars 2014.

11 février : surveillance numérique aux Philippines, les activistes disent non à la ‘cyber loi martiale’

dimanche 16 février 2014 à 09:15

“Notre lutte contre la Loi contre la Cyber-criminalité n'est pas terminée. La Cour Suprême n'a pas encore statué sur sa constitutionnalité ou son anticonstitutionnalité et dans l'attente d'une décision nous poursuivons notre combat pour le droit à la vie priée et à la liberté d'expression.”

Des associations d'internautes et d'activistes philippins ont fait cette déclaration le 11 février dans le cadre d'une action globale contre la surveillance de masse. Ils ajoutent que la Loi sur la Prévention de la Cybercriminalité de 2012 ou Loi de la République 10175, dont la constitutionnalité est encore à l'étude à la Cour Suprême, peut être un outil pour justifier la surveillance de masse sur la société :

La loi sur la cybercriminalité, quand elle sera appliquée, deviendra un outil pour la surveillance de masse par le gouvernement des Philippines. En tant que défenseurs de la liberté d'internet, nous rejoignons la manifestation globale.

Un mois après sa signature en 2012, la loi a été remise en question par des groupes de et des citoyens inquiets sur certaines clauses de la loi qui pourraient gravement porter atteinte aux droits humains et à la liberté des médias dans le pays. Ils s'interrogent sur l'introduction de clauses sur la diffamation et la délégation de pouvoir donnée au gouvernement pour la fermeture de sites et la restriction d'accès à des bases de données informatiques soupçonnées de d'enfreindre la loi. Les restrictions sur la liberté d'expression de la loi ont donné aux internautes l'idée de la surnommer “la cyber loi martiale.

Heureusement, la Cour Suprême a voté un décret de retrait temporaire qui empêche le gouvernement de mettre la loi en application. Mais on s'attend à ce que la haute cour mette un terme à ses délibérations et prenne une décision sur la pétition d'ici fin février. Ceci a redonné du courage aux associations d'internautes qui ont lancé toute une série d'activités pour faire pression sur la cour pour qu'elle rejette cette loi “draconienne”.

Ci-après quelques photos de la manifestation du 11 février devant la Cour Suprême:

“… mettez fin à l'ère de Big Brother.”#TheDayWeFightBack#rstreamhttp://t.co/VOE0CgJ9mx photos by @LeanneJazulpic.twitter.com/1O7FBOa2nH

La PIFA (Philippine Investment Fund Association= Association de Fonds d'Investissements Philippins) défile vers la Cour Suprême et est solidaire de la manifestation mondiale contre la surveillance de masse. #TheDayWeFightBack#rstream by @leannejazulpic.twitter.com/KlWmzLGkTw

Informons le gouvernement que nous aussi  nous les surveillons en prenant un #selfie de nos yeux https://t.co/VkY4cyme5Ppic.twitter.com/FNqak6o7wD

Mais les défenseurs de la loi controversée font pression pour lever rapidement le décret de retrait temporaire pour les aider à lutter contre les cybercrimes graves, en particulier la pornographie enfantine.

Face aux contestations, on a soudain assisté à un débordement d'informations sur la prolifération de la pornographie enfantine aux Philippines. On ne sait pas clairement s'il s'agit ou non d'une coïncidence.

La police prétend pouvoir poursuivre les diffuseurs de cyber-pornographie enfantine si le décret de retrait temporaire est levé. Le porte-parole du président et certains sénateurs soutiennent cette position.

Mais la loi contre la cybercriminalité n'est de fait pas nécessaire pour arrêter les opérateurs de sites de pornographie enfantine – la législation en vigueur est amplement suffisante. Les autorités peuvent invoquer la loi contre le trafic des personnes, la loi d'exception sur la protection des enfants contre la maltraitance, l'exploitation et la discrimination, et surtout la loi contre la pornographie enfantine pour rapidement intervenir contre les criminels soupçonnés.

Outre le fait de rappeler à l'administration philippine qu'elle peut utiliser les clauses de la loi contre la pornographie enfantine pour combattre les contenus de sites à caractère sexuel qui impliquent des enfants, la journaliste Raïssa Robles met en garde contre les dangers de la loi contre la cybercriminalité:

Je ne saurais trop insister sur les dangers de la loi contre la cybercriminalité. Le manque total d'un dispositif de sécurité peut parfaitement inciter des policiers peu scrupuleux et des fonctionnaires du gouvernement à commettre des exactions et du chantage grâce à l'autoroute numérique.

Selon le Manila Times, l'éradication de la pauvreté est la meilleure défense :

… la pornographie enfantine en ligne est un sous-produit de la pauvreté. C'est un problème qui demande une approche globale de la part du gouvernement. Nos fonctionnaires devraient trouver des solutions pour aider les familles engluées dans la toile de la pornographie enfantine à s'en sortir et se reconstruire.

Au lieu d'insister pour l'application d'une loi si controversée, le gouvernement des Philippines devrait envisager de demander au Congrès la rédaction d'une nouvelle loi qui règle les menaces grandissantes qui pèsent sur la sécurité des réseaux, sans porter atteinte aux droits de l'homme.