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Une géographie des mondes numériques

dimanche 28 octobre 2018 à 14:29

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SI L’ON DEVAIT FAIRE UNE GÉOGRAPHIE IMAGINAIRE DES MONDES NUMÉRIQUES, il faudrait raconter comment ils ont émergé de l’océan primitif Arpanet, comment les digiborigènes ont créé des premier campements puis des villes qu’ils ont urbanisé. Il faudrait raconter comment on y trouve de grands fleuves qui charrient une quantité invraisemblable d’information chaque jour. Ces fleuves d’informations coulent de manière continue mais certains se forment soudainement pour disparaître quelques heures ou quelques jours plus tard de la même manière. Leur bourdonnement assourdissant fait que les digiborigènes ont pris l’habitude de les appeler des “buzz” Hypnotiques, ils captent toute l’attention de quiconque s’en approche d’un peu trop près. 

Alors que dans les mondes pré-numériques, l’information avait une certaine fixité, elle est totalement liquide dans les mondes numériques. Il est facile de la décomposer pour la recomposer autrement. Le remix est le régime banal de l’information numérique, ce qui rend difficile la différenciation entre l’actuel et le passé ou entre le vrai ou le faux. 

Certains mondes numériques ont disparu à jamais. Qui se souvient de Steel Canyon de City of Heroes ? Il suffit que les serveurs d’un monde soient mis hors ligne pour qu’ils deviennent inaccessibles. Parfois, certains intrépides se glissent dans un de ces mondes perdus. Le YouTubeur Vinesauce a ainsi posté une vidéo de son exploration de Active World, un monde autrefois prospère et abandonné depuis plusieurs décennies. Parce que certains de ces mondes sont pleins de créativité et de beauté, l’architecte Italien Mario Gerosa a rédigé une Convention pour la protection de l’héritage architectural. 

Dans les mondes numériques, des mondes entiers peuvent se vider en quelques jours. Tel a été le destin de Usenet qui est passé du statut de Rome des mondes numérique à celui peu envieux de répertoire de fichiers dont le téléchargement est plus ou moins légal. Du temps de sa splendeur, on allait sur Usenet pour se civiliser aux règles de la Netiquette. Toutes les routes numériques conduisent à Usenet car s’il se passait quelque chose d’intéressant dans un monde numérique, on en discutait sur Usenet et ce qui se passait sur Usenet était intéressant pour tous les habitants des mondes numériques. Mais USENET s’est vidé au profit du WWW. Les digiborigènes qui apprécient son côté austère et iconoclaste où sa passion de la netiquette l’ont abandonné pour les mêmes raisons. Pourquoi écrire lorsqu’il est possible de poster une image ? Après Rome, cela a été Las Vegas. Sur le www, les digiborigènes ont goûté à de nouvelles libertés. Ils se sont saoulés aux images et aux vidéos et aux commentaires. Ils se sont retrouvés sur des forums de discussion, puis ont établit des routes commerciales avec des installations plus lointaines appelées des “blogs”. Les blogs étaient alors de carnets de route des trappeurs numériques qui ramenaient d’une nature généreuse des ressources pour les forums. Certains 

Plus récemment, le monde des réseaux sociaux a émergé de la plate-forme du Web. Leur croissance a été aussi rapide que démesurée. Aujourd’hui, certains sommets dominent largement cette jeune chaîne de montagnes. Facebook, Twitter, SnapchatInstagram sont visibles ou que l’on soit dans les mondes numériques.

Que faire en cas de harcèlement en ligne

samedi 27 octobre 2018 à 06:30

 

 

 

Le harcèlement en ligne est une agression répétée, délibérée, exécutée avec l’intention de nuire à une personne sur le réseau Internet. L’anonymat, le caractère public des attaques, et le sentiment d’impuissance des victimes sont parfois pris en compte dans les définitions. Il peut prendre la forme d’attaques écrites (textes et image  ou), verbales. il peut également s’agir de mises à l’écart (exclusion de groupes) ou de vols d’identité

Toutes les agressions en ligne ne sont pas du harcèlement. L’Internet est un espace social dans lequel les conflits sont exposés et joués devant un public dont les frontières peuvent être floues. Les agressions sont alors des jeux d’influence

Le harcèlement en ligne est différent d’une agression simple qui peut se produire au cours d’un conflit entre deux personnes ni même des commérage. Les spécialistes considèrent que le harcèlement en ligne est une agression répétée contre une personne qui se trouve généralement en situation de faiblesse. L’agressé se trouve dans une situation défavorable par rapport à l’agresseur du point de vue psychologique ou social. L’important n’est pas la réalité du déséquilibre mais sa perception. L’agressé peut par exemple penser que de plus de  témoins assistent ou participent a l’agression qu’il n’y en a en vérité ce qui accroit son sentiment d’isolement et sa détresse. Le réseau est utilisé pour diffuser le plus largement l’agression qui devient alors un extraordinaire levier. Tout d’abord, les agressions peuvent se produire à tout moment de la journée puisqu’il suffit que la personne se connecte sur ses comptes sociaux pour recevoir des messages haineux. Ensuite, des personnes tout à fait étrangères au conflit initial peuvent apporter leur aide à l’agresseur.

Les chiffres sur le harcèlement en ligne sont très variables. Une étude faite par le National Center for Educational Statistic affirme que 9% des collégiens et lycéens ont été confrontés au harcèlement en ligne. Le Centers for Disease Control and Prevention donne un chiffre de 20,1% pour les étudiants et le Cyberbullying Research Center estime que 24% de collégiens et de lycéens ont été harcelés sur le réseau. A partir d’un sondage effectué sur 440.000 élèves de primaire et de secondaire, Dan OLWEUS donne le chiffre de 4,5% d’enfants concernés par le cyberharcèlement

 

Le gouvernement français donne les chiffres suivants pour le harcèlement en ligne : 2% des écoles de CE2, CM1 et CM2 sont concernés par le harcèlement. 5% subissent un harcèlement sévère. Au collège, 10% des élèves sont harcelés et 7% le sont d’une manière sévère. Au lycée, 3,4% des lycéens subissent un harcèlement et 1,3 un harcèlement sévère. Selon ces chiffres, le harcèlement serait plutôt un phénomène des collégiens. Malheureusement, le document reste assez vague. Le “harcèlement sévère” n’est pas défini et les chiffres donnés sont des projections sur la population globale d’élève de résultats  obtenus par les enquêtes et les recherches internationales.

Même si le harcèlement en ligne est un problème, il ne faut pas perdre de vue qu’il reste largement moins important que le harcèlement. Les témoignage des adolescents harcelés en ligne vont toujours dans le même sens : c’est toujours pire à l’école. Le traitement médiatique des cas de harcèlement a également tendance à donner une vision exagérée du phénomène en se focalisant sur les cas les plus dramatiques.

 

 

 

Selon les études, la prévalence du harcèlement en ligne est faible à importante. Certaines études rapportent que 4,5% des adolescents ont été harcelés sur le réseau et d’autres donnent le chiffre de 24%. Cette disparité tient probablement à des différence de méthodologie et de définition du harcèlement.  Même s’il ne faut pas minimiser le problème, il faut aussi tenir compte du fait que les comportements prosociaux sont plus fréquents que les comportements agressifs. Dans les groupes d’adolescents, l’entraide est la norme.

La recherche n’a pas identifié de profil type de l’adolescent harcelé en ligne. Elle a mis en évidence que les victimes de cyberharcèlement sont dans la plupart des cas victime de d’un harcèlement classique. Moins que le sexe ou la personnalité sexe, c’est le temps passé en ligne et l’importance de l’activité en ligne qui sont déterminants . Le fait de faire partie d’une minorité est aussi un facteur de risque. Les adolescents qui se définissent comme homosexuels, bisexuels, transgenres sont plus fréquemment agressés que les autres.

 

 

 

Lorsque les parents et les enseignants réagissent à une situation de harcèlement en se basant sur l’image construite dans les média, leurs réponses peuvent être inappropriées. En effet, ils peuvent être amenés à prendre des mesures de surprotection alors qu’il vaut mieux s’appuyer sur les compétences de l’enfant

La première chose est de prendre les devant en interrogeant les enfants sur leurs vies en ligne en général et sur le harcèlement en particulier. Les conversations autour des média sociaux permettent aux parents de transmettre des messages et des informations à leurs enfants sur ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Elles aident également à construire un climat propice à la discussion des problèmes lorsqu’ils se produisent

Un adolescent constamment anxieux des réponses qui lui sont faites sur les média sociaux, ou qui est fréquemment pris dans des disputes en ligne qu’ils ne sait pas arrêter a probablement besoin d’être aidé. Les difficultés à s’endormir, la chute des résultats scolaire, l’anxiété avant d’aller à l’école, une diminution de l’estime de soi sont également des signes d’alerte qui ont été associés au harcèlement en ligne;

 

 

 

Lorsqu’un adolescent est témoin ou victime d’une situation de harcèlement, les parents peuvent offrir un point d’appui important à leur enfant. En lui témoignant de l’empathie et en apportant un point de vue sur le long terme, les parents peuvent minimiser l’impact émotionnel du harcèlement. Le simple fait de raconter l’agression dont il est témoin ou victime est pour l’adolescent une manière de retrouver un sentiment de maîtrise de la situation. Le harcèlement est une situation de souffrance psychologique parce que la victime est mise au banc de son groupe de socialisation. L’écoute des parents la réintègre dans un groupe et la rassure sur son affiliation familiale qui constitue le socle de son sentiment d’identité.

Les parents doivent rappeler que les règles qui régissent la vie en société valent aussi sur Internet. Toute menace physique doit faire l’objet d’une plainte en bonne et due forme. L’adolescent se sentira ainsi soutenu inconditionnellement par sa famille et par la société puisque l’agression dont il est l’objet est réprouvée par l’une comme par l’autre

 

 

 

Si le réseau Internet est un ingrédient nécessaire au harcèlement en ligne, celui ci peut prendre plusieurs formes. Tout d’abord, l’identité de la victime peut être usurpée par l’agresseur. Le ou les comptes sociaux de la victime sont alors utilisés de manière malveillante. Des messages d’insultes ou des contenus pornographiques peuvent être envoyé au nom de la personne et à son insu

Le harcèlement peut aussi  prendre la forme d’un lynchage public. La personne est alors violemment prise a partie par une foule d’anonymes qui lui reprochent des faits réels ou imaginaires.

Enfin, le harcèlement peut prendre la forme d’une relation abusive d’une personne sur une autre. L’agresseur exerce alors une emprise sur la victime via le réseau. Elle peut la menacer en ligne ou l’humilier publiquement. Du fait de l’emprise exercée, la victime ne peut jamais véritablement se défendre

Toutes ces formes peuvent être imbriquées. Une personne exerçant une emprise sur une autre peut usurper l’identité de sa victime. Elle va alors  agresser avec cette identité d’emprunt d’autres personnes. La victime peut ensuite être prise à partie sur le réseau Internet par de parfaits inconnus.

 

 

 

Le cyberharcèlement est aussi vieux que le cyberespace lui-même. Les vieux proverbes des digiborigènes doivent être appliqué : “ne nourrissez pas le troll”. Un troll est un provocateur dont les messages ont pour fonction principale de blesser et de provoquer des polémiques. Face à une situation de harcèlement, la première chose est de ne pas surréagir. Cela que l’agressé doit résister à la tentation de répondre à l’agresseur. Simplement bloquer l’agresseur en ignorant ses messages ou en les signalant sur le média social peut être suffisant. Il peut être utile et prudent de conserver des preuves de l’agression en faisant des capture d’écran surtout si l’agression comporte des menaces physiques où menace l’intimité de l’enfant. La mise en quarantaine de l’agresseur peut ne pas suffire. Le niveau de réponse suivant est le rappel à la loi. Cela doit être fait fermement et platement. Le troisième niveau de réponse est le dépôt de plainte.

Si le harcèlement en ligne a consisté à poster des messages injurieux, pornographiques ou illégaux, il est utile d’en demander le retrait. Tous les réseaux sociaux ont un formulaire qui permet de demander la suppression d’un contenu. Pour les sites gérés par des particuliers, la CNIL a mis en ligne un modèle de lettre à adresser au responsable pour demander la suppression du contenu

Lorsque les parents interviennent dans une situation de harcèlement, il est important qu’ils informent l’enfant de ce qu’ils vont faire et pourquoi ils le font. Il est en effet rassurant pour les enfants de constater que leurs parents prennent en charge leur problème. Mais les mettre à l’écart des mesures prises les plonge à nouveau dans une situation d’impuissance. Intégrer l’adolescent a la solution est utile car cela contribue à restaurer la confiance en soi et le sentiment de sécurité qui ont pu être ébranlés par la situation de harcèlement.

Le harcèlement n’est pas un phénomène spécifique à l’Internet ni même un phénomène spécifique à la jeunesse. Mais parce que les jeunes utilisent les média en ligne comme des plateformes sociales, ils peuvent y être confrontés au harcèlement. Les réseaux sociaux, les SMS, les applications des smartphones sont autant d’espaces publics ou privés dans lesquels les adolescents interagissent. L’internet est l’équivalent moderne des terrains vagues d’antan. Les adolescents y expérimentent la vie sociale en dehors du groupe familial. La plupart du temps, ces interactions sont bonnes ou neutres. Il arrive  qu’elles aient un impact négatif, comme c’est le

Le phénomène du harcèlement est maintenant mieux connu grâce à la recherche. Le relatif anonymat de l’Internet contribue à créer une situation de désindividuation. Les psychologues désignent par là un processus qui pousse les personnes à des comportements impulsifs, déviants et parfois violents du fait d’une réduction du sentiment de responsabilité.

 

Le harcèlement en ligne est une agression répétée et ciblée sur une personne via des média sociaux. L’agression peut être publique ou privée. Dans le premier cas, elle se produit dans un espace social en ligne tandis que dans le second cas elle se produit dans messages privés.

Le harcèlement en ligne est différent d’une agression simple qui peut se produire au cours d’un conflit entre deux personnes ni même des commérage. Les spécialistes considèrent que le harcèlement en ligne est une agression répétée contre une personne qui se trouve généralement en situation de faiblesse. L’agressé se trouve dans une situation défavorable par rapport à l’agresseur du point de vue psychologique ou social. L’important n’est pas la réalité du déséquilibre mais sa perception. L’agressé peut par exemple penser que de plus de  témoins assistent ou participent a l’agression qu’il n’y en a en vérité ce qui accroit son sentiment d’isolement et sa détresse. Le réseau est utilisé pour diffuser le plus largement l’agression qui devient alors un extraordinaire levier. Tout d’abord, les agressions peuvent se produire à tout moment de la journée puisqu’il suffit que la personne se connecte sur ses comptes sociaux pour recevoir des messages haineux. Ensuite, des personnes tout à fait étrangères au conflit initial peuvent apporter leur aide à l’agresseur.

Les chiffres sur le harcèlement en ligne sont très variables. Une étude faite par le National Center for Educational Statistic affirme que 9% des collégiens et lycéens ont été confrontés au harcèlement en ligne. Le Centers for Disease Control and Prevention donne un chiffre de 20,1% pour les étudiants et le Cyberbullying Research Center estime que 24% de collégiens et de lycéens ont été harcelés sur le réseau. A partir d’un sondage effectué sur 440.000 élèves de primaire et de secondaire, Dan OLWEUS donne le chiffre de 4,5% d’enfants concernés par le cyberharcèlement

Le gouvernement français donne les chiffres suivants pour le harcèlement en ligne : 2% des écoles de CE2, CM1 et CM2 sont concernés par le harcèlement. 5% subissent un harcèlement sévère. Au collège, 10% des élèves sont harcelés et 7% le sont d’une manière sévère. Au lycée, 3,4% des lycéens subissent un harcèlement et 1,3 un harcèlement sévère. Selon ces chiffres, le harcèlement serait plutot un phénomène des collégiens. Malheureusement, le document reste assez vague. Le “harcèlement sévère” n’est pas défini et les chiffres donnés sont des projections sur la population globale d’élève de résultats  obtenus par les enquêtes et les recherches internationales.

Même si le harcèlement en ligne est un problème, il ne faut pas perdre de vue qu’il reste largement moins important que le harcèlement. Les témoignage des adolescents harcelés en ligne vont toujours dans le même sens : c’est toujours pire à l’école. Le traitement médiatique des cas de harcèlement a également tendance à donner une vision exagérée du phénomène en se focalisant sur les cas les plus dramatiques.

Lorsque les parents et les enseignants réagissent à une situation de harcèlement en se basant sur l’image construite dans les média, leurs réponses peuvent être inappropriées. En effet, ils peuvent être amenés à prendre des mesures de surprotection alors qu’il vaut mieux s’appuyer sur les compétences de l’enfant

 

 

 

Du fait de sa composante groupale, toute personne ayant une différence réelle ou perçue peut être victime de harcèlement. Les enfants en surpoids ou maigre, laids ou beaux, affichant une religion ou non ou même n’ayant aucune différence particulière peuvent être pris à parti sur le réseau Internet. Le mécanisme est celui de la victime émissaire. L’agression est d’autant plus violente que les agresseurs ont besoin de se rassurer sur la cohésion de leur groupe.

Le harcèlement concerne les personnes au-delà de l’enfance. D’une part  monde du travail peut être aussi impitoyable que celui du collège. Les tensions au travail peuvent se traduire par de véritables situations de harcèlement ou un travailleur est agressé par la hiérarchie ou ses collègues. Parfois ce sont des enfants qui harcèlent un adulte. La victime peut être une personne fragile psychologiquement ou simplement un adulte en contact avec des enfants. Des cas de harcèlement en ligne de professeurs par des collégiens ont ainsi été rapportés.

Aux USA, le Crimes Against Children Research Center rapporte une diminution notable des agressions entre les enfants agés entre 12 et 17 ans.. De 1992 à 2011, les cas rapportés ont diminué de 72%. Dans ce contexte, l’augmentation des cas de harcèlement en ligne peut être simplement lié au fait que les enfants et les adolescents sont de plus en plus présents sur le réseau Internet

 

 

 

Une aide ne peut être véritablement efficace que si le problème a été correctement diagnostiqué. Il donc important de bien identifier les situation de harcèlement. Les rapports sociaux peuvent être rudes et blessants particulièrement chez les enfants et les adolescents. En effet, ceux-ci n’ont pas encore tout a fait intériorisé les barrières sociales qui protègent des autres et de soi-même. Ils sont par ailleurs dans une période de construction de leur identité et de leur estime de soi. Une phrase peut prendre des proportions qu’elle n’aurait pas atteint quelques mois plus tard. Ce qui spécifie le harcèlement, c’est qu’il met en jeu des comportements violents. L’agressivité peut aller jusqu’au sadisme, mais elle reconnaît toujours une place à l’autre. Le harcèlement est d’une nature différente puisque la victime est niée. Les foules numériques qui harcèlent une personnes sont prises dans une revendication mégalomaniaque. Il ne fait pas de doute que le droit, le bon sens et la justice sont de leur côté, ce qui, de leur point de vue, justifie toutes leurs actions.

Le second point important est de soulager la victime de tout sentiment de culpabilité. La victime ne peut pas être coupable de la violence dont elle est l’objet. Ce sont toujours  les agresseurs qui sont les coupables. Cet élément est d’autant plus important à reconnaître que dans les situations de harcèlement, les victimes peuvent être d’anciens agresseurs. Cela n’enlève rien à leur statut de victime et cela ne réduit en rien leur responsabilité pour les violences passées qu’elles ont pu commettre

La première réaction de la victime est souvent de chercher à se venger. Le mécanisme sous-jacent est l’identification à l’agresseur. Il permet à la victime de se protéger du sentiment d’impuissance associé à la situation de passivité. Mais c’est un mécanisme très problématique car il conduit le plus souvent à une escalade dans la violence.

Deux types de réponse peuvent être efficaces. La première est de ne pas répondre à la violence par la violence. Le mieux est de ne pas répondre du tout. La technologie offre un ensemble d’outil pour éviter d’être en contact avec des personnes dont le comportement est problématique. Il ne faut pas hésiter à les utiliser. Les média sociaux permettent généralement d’ignorer une personne. Tout ce que la personne mettra en ligne ne sera pas perçu. Il est aussi possible de signaler une personne aux responsables du média social ou du site qui prendront alors les mesures nécessaire.

La seconde réponse est de demander à l’agresseur de cesser les agressions. Parce que l’interaction se passe en ligne, l’agresseur n’est pas en contact direct avec les signaux de communication. Il lui est donc facile, consciemment ou non, de ne pas prendre en compte les éléments qui normalement inhibent le comportement agressif. Indiquer clairement à la personne que son comportement est problématique peut lui permettre de mettre en jeu les freins nécessaires. La limite doit être donnée clairement à la personne. Lorsque des menaces physiques sont proférées,

Certaines situations de harcèlement peuvent être évitées par des mesures de sécurité basique. Quelque soit le niveau d’intimité avec une personne, les mots de passe des comptes de réseaux sociaux ne doivent pas être partagé. Cela permet d’éviter les usurpations d’identité et leurs conséquences néfastes. Il y a deux moyens de construire un mot de passe suffisamment fort. Le premier de mélanger des lettres majuscules et minuscules, des chiffres et des caractères spéciaux. Mais le mot de passe ainsi composé peut être difficilement mémorisable. Ce n’est pas le cas des mots de passe qui sont construits à partir d’une phrase : “de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités” est au moins aussi fort que “Gthlm@d%” et bien plus facile à retenir

 

 

 

Il est important de signaler toutes les situations de harcèlement et pas uniquement celles dont on est la victime. Il n’y a pas de spectateur passif dans une situation de harcèlement car dans la plupart des cas, l’agression est faite en direction d’un public. Elle est un message envoyé au groupe : “voilà ce qui arrive à ceux qui sont différents de nous”. Que la différence soit réelle ou imaginaire n’a pas d’importance, car ce qui est en jeu c’est le sentiment d’inclusion au groupe et le sentiment de sécurité qu’il donne. Lorsqu’une personne est témoin d’une situation d’harcèlement, il est utile qu’elle se rapproche de la victime et lui propose son aide. Dans ces moments d’isolement et de tourment émotionnel, un message empathique peut faire beaucoup.

 

 

 

Il est souvent difficile aux enfants d’identifier les problèmes auxquels ils sont confrontés. Dans une situation de harcèlement, l’enfant peut penser qu’il est normal d’être agressé puisqu’il est différent des autres ou que le harcèlement est une tradition dans son établissement scolaire. Lorsqu’un enfant parle ouvertement des problèmes qu’il rencontre en ligne, c’est donc une grande chance pour les parents qui peuvent alors directement lui apporter une aide. La plupart du temps, les parents vont devoir décoder les signes de malaise de leur enfant : troubles du sommeil, de l’alimentation, irritabilité ou dépression, baisse des notes etc. Ces signes peuvent être liés à beaucoup de difficultés mais il est toujours utile de questionner l’enfant  ce qui se passe sur le réseau Internet parce que la vie sociale des enfants et des adolescents

Lorsque des problèmes se produisent sur le réseau, il n’est pas certain qu’il s’agisse de harcèlement. La durée, la répétition, le déséquilibre entre l’agresseur et l’agressé, la violence sont des éléments à prendre en compte.  

Les parents doivent garder le sens de la perspective. Leur enfant rapporte une partie du puzzle, mais les parents doivent tenter de reconstruire l’image dans sa totalité. Il ne s’agit pas de donner raison à l’agresseur, mais de comprendre ce qui s’est passé pour construire les meilleures solutions possible. Le point de vue de l’enfant est toujours à prendre en compte car le harcèlement a pour conséquence un sentiment de perte de contrôle de d’estime de soi. Impliquer l’enfant dans les solutions à mettre en place l’aide dans ces deux domaines.

 

Dans ces moments douloureux, l’enfant a besoin d’être soutenu dans les domaines ou il a été mis à mal. Le harcèlement est une effraction de l’inimité et attaque sévèrement l’estime de soi. Etre écouté avec respect et attention est déjà une grande aide que l’enfant peut trouver auprès de ses parents. Le but de cette écoute est de redonner une confiance en soi suffisante à l’enfant et lui permettre de trouver en lui et auprès de ses amis les ressources qui lui permettront de sortir de la situation difficile dans laquelle il se trouve. L’enfant a besoin d’un parent qui est à ses coté et qui le soutien. Cela peut nécessiter du parent de se mettre entre l’enfant et l’agresseur mais ce n’est pas toujours le cas. La pire réponse à donner est de punir l’enfant alors qu’il est la victime d’une agression. Par ailleurs, interdire l’utilisation d’un média social ou de l’Internet ne fera pas cesser l’agression

 

Les enfants ont tendance à penser que leurs problèmes se règlent entre eux. Dans la plupart des cas, cette position est saine car ils apprennent ainsi à construire des interactions sociales sans l’aide des adultes. Elle devient problématique dans les situations de harcèlement car les enfants n’ont souvent pas les moyens de trouver les solutions. Les parents doivent donc intervenir avec tact car leurs actions peuvent fragiliser la situation de leur enfant. Un enfant déjà marginalisé par le harcèlement peut l’être encore davantage après l’intervention d’un parent car il sera stigmatisé comme un “petit” qui ne peut pas régler ses problèmes seul.

La vie en société est toujours quelque chose de problématique. Les enfants rencontrent dans leurs familles l’injustice, l’agressivité ou  l’incompréhension … Lorsqu’ils rencontrent des problèmes en dehors de leurs familles, ils n’attendent pas normalement de leurs parents une solution rapide et définitive. Un collégien sait que les parents sont impuissants à donner une telle réponse. Il sait aussi que les problèmes relationnels sont complexes et qu’une solution prend toujours du temps à se déployer.  Souvent les parents prennent ce raccourci parce qu’ils sont eux-même trop anxieux ou qu’ils n’ont pas suffisament confiance dans la capacité de leur enfant à trouver une solution. Cela prive malheureusement l’enfant de la seule chose que ses parents peuvent encore lui donner. Ce qu’il attend de ses c’est parents est quelque chose qu’il ne sait pas encore trouver en lui : le sens de la perspective, et une confiance que les choses vont s’améliorer. Intervenir avec les “pouvoirs magiques” d’un parent n’aide généralement pas l’enfant. Au contraire, cela le prive de la seule chose que les parents peuvent lui donner. L’enfant a besoin de temps pour construire son estime de soi, apprendre à éviter les situations problématiques et à se sortir de celles qu’il n’a pas pu éviter. Avec le temps, l’enfant gagne en expérience et en confiance de soi. Ces gains lui sont ensuite utiles dans ses interactions avec les autres

[100 Mots] HARCÈLEMENT

vendredi 26 octobre 2018 à 09:29

Les adolescents et les enfants accèdent à l’Internet sur des supports variés. Les ordinateurs, les consoles de jeu et les téléphones portables leur donnent des accès au  réseau. Parmi les difficultés qu’ils peuvent rencontrer en ligne, le harcèlement en ligne a suscité de plus en plus de recherches.

Le harcèlement en ligne est une agression répétée, délibérée, exécutée avec l’intention de nuire à une personne sur le réseau Internet. L’anonymat, le caractère public des attaques, et le sentiment d’impuissance des victimes sont parfois pris en compte dans les définitions. Il peut prendre la forme d’attaques écrites (textes et image  ou), verbales. il peut également s’agir de mises à l’écart (exclusion de groupes) ou de vols d’identité

Le harcèlement a tendance a augmenter avec l’âge. Les enfants plus plus âgés rapportent plus d’agressions sur le réseau avec des moyens plus divers que les enfants les plus jeunes. Les plus vieux ont également  plus de connaissances sur les moyens de défense, mais ont moins tendance à chercher l’aide des adultes. Au contraire, les plus jeunes se tournent davantage vers les adultes et savent moins se protéger

Le harcèlement en ligne est relativement fréquent. Il est estimé entre  15 et 40 des adolescents ont été harcelés sur le réseau Internet au moins une fois dans leur vie . Si les moyens utilisés sont récents, le phénomène n’est cependant pas nouveau. Les situations de harcèlement et d’agression sont aussi anciennes que l’école et généralement le harcèlement en ligne se produit parallèlement à des agressions dans l’espace physique.

 

Les conséquences peuvent être gravissimes puisque l’on a rapproché le cyberharcèlement à des troubles du comportement , la dépression ou au suicide . Il  existe une relation entre le harcèlement en ligne, l’anxiété et les difficultés scolaires , mais il est difficile de dire si cette relation est une relation de cause à effet.

 

Les victimes de cyberharcèlement sont en grande partie des victimes de harcèlement . Moins que le sexe, c’est le temps passé en ligne et l’importance des publications qui sont déterminants

 

le cyberbullying dépend de trois facteurs : le média, la culture de groupe et les acteurs

Il a été noté à plusieurs reprise que la situation de communication sur Internet provoque une libération des comportements agressifs. Le réseau Internet provoque une désinhibition de l’agressivité qui se traduit alors par l’expression sans détours des désirs agressifs et sexuel. Du fait du relatif anonymat de l’Internet, les personnes sont plus difficilement identifiables. Dans ce type de situation, les comportements impulsif, déviants ou violents sont plus facilement produits du fait de la diminution du sentiment de responsabilité Le fait que tous les acteurs voient leur identité altérée sur le réseau augmente d’autant plus la probabilité de comportements déviants.

Cependant, cette explication n’est pas suffisante. La situation de désindividuation peut provoquer des comportements déviants, mais elle peut également favoriser l’ouverture, le partage et l’empathie. De la même façon que deux inconnus dans un train peuvent parler d’aspects privés de leurs vie parce qu’ils sont assurés de ne plus se revoir et qu’il échappent le temps du trajet au contrôle de leurs groupes de référence, les internautes peuvent utiliser le réseau pour faire des confidence, rencontrer des personnes qui partagent leurs expériences les plus intimes, s’essayer à d’autres rôles etc.

Pour expliquer le harcèlement en ligne, il faut donc autre chose que le réseau Internet. La culture de groupe est la seconde variable importante. Lorsque l’agression est inscrite comme valeur positive du groupe, le cyberharcèlement a plus de probabilité de se produire. Le mécanisme explicatif est ici l’influence sociale : les acteurs préfèrent se conformer aux normes du normes plutôt que de risquer l’exclusion. Les jeunes qui pensent que beaucoup de leurs amis sont impliqué dans le harcèlement ont tendance à se comporter d’une manière similaire

Enfin, les attentes et les traits de personnalité des individus est également à prendre en compte. Les personnes qui ont tendance à être “pro victime”, c’est à dire celles qui pensent que le harcèlement en ligne est inacceptable, que les victimes sont dignes d’intérêt et que les défendre est quelque chose de valable, ont tendance à moins harceler les autres sur Internet. Le déterminant le plus fiable est la croyance des enfants en la capacité des enseignants à mettre fin au cyberharcèlement. Plus cette croyance est forte, plus le harcèlement en ligne est faible

On a également pu montrer que l’empathie jouait un rôle . Les garçons et les filles qui font preuve de peu d’empathie ont tendance à se montrer plus agressifs en ligne.  Il n’est pas rare que les agresseurs soient d’anciens agressés . Le harcèlement a alors le sens d’une vengeance à l’encontre d’un ancien agresseur.  Il semble que les filles ont plus souvent tendance à être harcelées en ligne que les garçons. Le harcèlement en ligne a été associé a des traits de personnalité narcissiques,  à ’insensibilité, et à la difficulté à exprimer des émotions

 

Avez-vous lu ? Gravillon (2018) Liaisons dangereuses ?

mercredi 24 octobre 2018 à 06:00

L’école des parents. La sexualité des ados à l’ère d’Internet

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La pornographie est à t elle un effet problématique sur les adolescents ? Non répond Isabelle GRAVILLON à partir d’une série d’entretiens avec Jocelyn Lachance, Marion Haza,  Florian Vörö et moi-même. Pour les experts questionnés aucune étude scientifique n’a jamais montré que la pornographie avait des effets délétère sur les adolescents. Plus exactement une rencontre fortuite avec la pornographie par un adolescent qui va banalement bien n’est pas problématiques. Elle n’est davantage lorsque l’adolescent est déjà dans un fonctionnement problématique.. Pour le dire autrement  les images pornographiques n’influencent la sexualité des jeunes que lorsqu’elles renforcent des représentations préexistantes de la virilité, la féminité ou des rapports entre les sexes

L’enquête d’Isabelle Gravillon amène deux remarques. Tout d’abord, les réponses données dépendent de la qualité des experts questionnés. J’aurais tendance a penser qu’ils sont légitimes et compétents  mais mon avis est biaisé car je connais Jocelyn Lacanche et Marion Haza pour travailler avec eux. Cependant, même si Isabelle Gravillon a bien sur rendre l’essence des entretiens, je pense que les personnes questionnées ne donnent pas d’éléments concrets sur lesquels lecteur peut s’appuyer.

Gravillon, I. (2018). Liaisons dangereuses?. L’école des parents, (1), 32-38.

Un exemple de panique morale : Manhunt

lundi 22 octobre 2018 à 05:55

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En 2004, les jeux vidéo sont pointés du doigt à la suite du meurtre de Stefan Pakeerah, 14 ans par Warren LeBlanc, 17 ans. À son procès, il plaide coupable et décrit les terribles minutes pendant lesquelles il a asséné des coups de marteau à Stefan Pakeerah après l’avoir attiré à l’écart dans un parc de la ville de Leicester.

Pour les média, le lien avec les jeux vidéo est évident. Le Guardian titre : Killing “incited by videogames” dans son édition du 29 juillet 2004 tandis que le Daily Mail fait un lien plus direct encore en titrant “Murder by Playstation”.

Le jeu vidéo en question, Manhunt, a été développé par Rockstar pour la Playstation, la XBOX et le PC. Il est décrit comme un jeu d’infiltration et d’action sanglant et brutal dans lequel le joueur incarne James Earl Cash, un condamné a mort qui échappe à la sentence finale en acceptant de participer a une émission de télévision dans laquelle sa vie est en jeu.

L’annonce de la mort de Stefan Pakeerah et son association par la presse au jeu Manhunt amène un certain nombre de commerçants à le retirer de la vente. Cependant, les ventes du titre de Rockstar augmentent dans la même période.

Dans la presse,Gisele Pakeerah affirme qu’elle a l’intention de faire un procès à l’éditeur du jeu. Les média commencent alors à généraliser la discussion en interrogeant les effets des jeux vidéo violents. Des appels à un meilleur contrôle voir même a une interdiction complète de ces jeux sont lancés. Un membre du Labour, Keith Vaz fait campagne contre la violence des jeux vidéo. Le Premier ministre, Tony Blair, affirme que les enfants doivent être protégés de jeux de ce type. Dans différents pays, le jeu fait l’objet de mesures spéciales. Le Canada limite son usage aux adultes. En Allemagne, il est retiré de la vente parce qu’il décrit le meurtre comme un passe-temps amusant. L’Australie refuse sa classification, et donc empêche sa mise en vente. La Russie l’interdit a la suit d’une tuerie de masse en 2012

Cependant, les preuves que Manhunt soit lié au meurtre de Stefan Pakeerah sont bien plus faibles que les raccourcis de la la presse le laissent supposer. Un commentateur avisé, Guy Cumberbatch affirme “L’essence de l’histoire tient dans le fait que a) la police a saisi le jeu vidéo Manhunt comme preuve; b) que le père du meurtrier ait affirmé “la manière dont Warren a commis ce meurtre – ca se passait comme ça dans le jeu – tuer des personne en utilisant des armes comme des marteaux et des couteaux. Il y a un lien entre le jeu et ce qui a été fait”; c) La mère de Stefan, Gisele, qui affirme “”Je pense avoir entendu des amis de Warren dire qu’il était obsédé par le jeu”

Dans les faits, une copie Manhunt a été trouvée chez la victime alors que Warren LeBlanc, en dépit d’être décrit comme “obsédé” par le jeu n’en possédait pas.

Manhunt est un bon exemple de la panique morale qui entoure les jeux vidéo. Un fait tragique est rapporté de manière sensationnelle et biaisée. Le comportement violent d’une personne est expliqué d’une manière simple. Des entrepreneurs moraux et des experts interviennent dans l’espace public. Ils appellent a la construction de nouvelles barrières pour protéger la population du danger des jeux vidéo violent. La focalisation sur un cas laisse de côté que la très grande majorité des jeux vidéo ne sont pas violents et que les média n’ont jamais été associés directement à des meurtres

SOURCE

Cumberbatch, G. (2004). Video violence: Villain or victim. A review of the research evidence concerning media violence and its effects in the real world with additional reference to video games: The Communications Research Group.